Coupe du monde 2018: Russie-Arabie saoudite, lever de rideau géopolitique

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Grande première au rabais sur le papier, le match d’ouverture de la Coupe du monde Russie-Arabie saoudite s’annonce comme un choc géopolitique de premier choix. Gros plan sur une rencontre qui verra s’affronter deux puissances qui recherchent avant tout à valoriser leur image à travers le football, à défaut de voir briller leurs sélections nationales respectives.

 

« Ne nous rendez pas ridicules. » Voilà en substance le message délivré par Vladimir Poutine aux joueurs de l’équipe de Russie. Il y a dix ans, la Sbornaya se payait les Pays-Bas en quarts de finale de l’Euro 2008. Aujourd’hui, Andrey Arshavin et Roman Pavlyuchenko ne sont plus là, Igor Akinfeev et Yuri Zhirkov ont pris des rides. À la recherche d’une victoire depuis huit mois, la sélection entraînée par Stanislav Tchertchessov accueille le gratin mondial dans la peau d’une victime désignée. C’est simple, parmi les trente-deux équipes engagées au premier tour, la Russie est la moins bien classée du classement FIFA (70e). Et la magie du tirage au sort a permis au pays hôte (protégé par son statut de tête de série) de lancer sa Coupe du monde face à l’Arabie saoudite, soit la deuxième plus mauvaise équipe du tableau (67e) selon les critères de la Fédération internationale. Une farce, ce match d’ouverture ? Pas pour tout le monde.

Un rapprochement inévitable

Allié historique des États-Unis, l’Arabie saoudite a longtemps honni la Russie sur le plan géopolitique (elle soutenait notamment les Moudjahidines face aux soldats de l’URSS lors de la guerre d’Afghanistan de 1979-1989). Les relations diplomatiques entre Moscou et Riyad ont commencé après l’éclatement de l’URSS en 1991, et le vrai rapprochement date de la montée au pouvoir saoudien du prince héritier, Mohammed ben Salmane. « En tant que concurrents énergétiques, ils ont tout intérêt à ce que le cours du pétrole monte, éclaire le géopoliticien Jean-Baptiste Guégan. Avant, les Saoudiens ne regardaient que vers les États-Unis. Les Russes avaient plutôt tendance à être des alliés de la Syrie, tandis que la Russie a toujours échangé avec l’Iran, le grand ennemi de l’Arabie saoudite. Mais, ensuite, ils se sont rendu compte qu’ils avaient un intérêt commun dans la stabilisation du Moyen-Orient » , poursuit le co-auteur de Football Investigation : les dessous du football en Russie. « L’Arabie saoudite est un gros acheteur d’armes et la Russie est un gros vendeur d’armes, forcément…  »

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