Qui est Médine, le rappeur dont la venue au Bataclan fait polémique ?

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PORTRAIT – Des personnalités politiques de droite et d’extrême droite s’insurgent contre la programmation du rappeur au Bataclan, à cause des paroles d’une chanson sortie en 2005.

epuis ce week-end, le nom de Médine est omniprésent sur les réseaux sociaux et fait couler beaucoup d’encre. Ce sont des personnalités politiques de droite et d’extrême droite, comme Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, qui ont mis le feu aux poudres, ensuite rejoints par plusieurs membres de la majorité présidentielle, comme la députée Aurore Bergé.

Marine Le Pen y voit une « incitation au fondamentalisme islamiste » et le patron des Républicains un « sacrilège pour les victimes, un déshonneur pour la France », ourdi par un « individu (…) se présentant comme une ‘islamo-caillera' ».

Le rappeur français, né au Havre en 1985 est âgé de 35 ans. Peu connu du grand public, il doit se produire au Bataclan les 19 et 20 octobre prochains, à guichet fermé. La célèbre salle du XIe arrondissement parisien avait été endeuillée le 13 novembre 2015 par le commando jihadiste qui y a abattu 90 personnes. C’est précisément ce point qui cristallise les crispations. En 2005, Médine avait sorti un album intitulé Démineur, avec une chanson, Don’t Laïk, où il disait notamment « crucifions les laïcards comme à Golgotha ».

Ces paroles avaient déjà fait polémique après l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015. Le rappeur avait dû se fendre d’une tribune sur le site internet de L’Obs pour condamner la tuerie et se défendre par là même. « Ai-je besoin de préciser moi, jeune rappeur du Havre, à ces académiciens, philosophes, essayistes que mon propos est l’incarnation même du combat de Charlie Hebdo ? (pour la liberté d’expression, ndlr) »

Le jeune artiste avait alors expliqué que le titre litigieux, Don’t Laïk, était « précisément une caricature tendue aux fondamentalismes. Une caricature qui singe à la fois ceux qui font de la laïcité un outil d’exclusion, et à la fois ceux qui la subissent et l’expriment à travers une réaction d’hyper-identification de circonstance ».

Après cette nouvelle polémique, l’association de victimes des attentats du 13 novembre Life for Paris a réagi sur Twitter, rappelant que le Bataclan était « complètement libre de sa programmation, sous contrôle de la préfecture de police de Paris » et qu’elle ne laisserait « personne instrumentaliser la mémoire des victimes des attentats à des fins politiciennes, comme c’est le cas dans cette affaire ».

Sorti le 13 avril 2018, le dernier album de Médine, Storyteller, contient notamment une chanson, Bataclan, avec des paroles prophétiques : « Tout ce que je voulais faire, c’était le Bataclan ». Pour l’heure, l’artiste n’a pas publiquement réagi au tollé parti des réseaux sociaux. Le fera-t-il ? En mai 2016, l’extrême droite était parvenue à faire annuler un concert du chanteur Black M dans le cadre des commémorations de la bataille de Verdun. Parviendra-t-elle à ses fins une nouvelle fois ?

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