En rêve-t-il le matin en taillant avec soin sa barbe rousse ? Ancien directeur de cabinet de la mairie de Paris, Mathias Vicherat apparaît, à 39 ans, comme un successeur crédible à Guillaume Pepy, l’indétrônable patron de la SNCF depuis une décennie. La grève déclenchée par les syndicats de cheminots contre la réforme de la compagnie ferroviaire sera-t-elle son épreuve du feu ? Elle le place, en tout cas, en première ligne en tant que porte-parole de l’entreprise. Issu, à l’instar d’Emmanuel Macron, de la promotion Léopold Sédar Senghor de l’ENA, le directeur général adjoint de la SNCF chargé du projet d’entreprise et de la communication possède quelques atouts pour succéder à l’actuel PDG, qui partira au plus tard en 2020…

« Il a choisi le service public, pas le privé »

Petite singularité par rapport à nombre de ses camarades de l’Ecole nationale de l’administration : Mathias Vicherat est né en Seine-Saint-Denis. Le futur énarque a poussé son premier cri le 26 mai 1978 aux Lilas, commune qui toise Paris du haut de la colline de Belleville, dans l’ex-banlieue rouge. Éducatrice spécialisée, sa mère fut d’ailleurs « longtemps communiste », rapporte Le Figaro. Ancien cadre de la Fnac, son père codirige désormais les éditions Utopia, qui défendent des convictions écologiques et solidaires. Bon sang ne saurait trahir : à Sciences Po Paris, le jeune Mathias monte une section de l’organisation altermondialiste Attac. A l’occasion, pendant la même période, de 2000 à 2002, il fournit des éléments de langage au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Luc Mélenchon, dont il admire « l’intelligence et la verve », selon Libération.

Cet engagement à gauche ne s’est jamais démenti, affirment en chœur ses amis. « En choisissant de travailler à la SNCF, il a choisi le service public, pas les capitaux privés », assène Gaspard Gantzer, ancien camarade de l’ENA et ex-conseiller de la communication de François Hollande. D’autres s’en font l’écho en termes moins technocratiques. Le fondateur du collectif de défense des quartiers populaires Pas sans nous, Mohamed Mechmache, se souvient de sa rencontre avec Mathias Vicherat « lors des révoltes sociales en 2005, quand il était sous-préfet à Bobigny ». « Je l’ai vu aller à la rencontre des enfants, des familles à Clichy-sous-Bois. On est devenu amis. On a des points communs : l’approche pragmatique dans la lutte contre les inégalités, les injustices », raconte-t-il.

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/enarque-fan-de-rap-et-roi-du-bras-de-fer-mathias-vicherat-le-porte-parole-de-la-sncf-dont-lascension-va-bon-train_2687614.html

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