La salle Wagram demain, le Palais des sports samedi : la boxe réinvestit les grandes salles parisiennes du Zénith au Cirque d’hiver en passant par la nouvelle Seine Musicale à Boulogne. Suivez le guide…

Vous aimez la boxe ? Vous allez être servis ce week-end. Demain soir à la salle Wagram, les « Fighting Roosters » coachés par Brahim Asloum affrontent les Italiens du Thunder pour une place parmi les meilleures équipes du monde en playoff de la Coupe Davis du noble art, en mai.

Vingt-quatre heures plus tard, au Palais des sports, Tony Yoka défie, lui, son compatriote Cyril Léonet pour son quatrième combat professionnel. Asloum et Yoka, les deux champions olympiques français, investissent coup sur coup, deux des salles les plus mythiques de la boxe en France et à Paris.

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Ces deux enceintes ne sont pas uniques. Si la boxe connaît un nouvel engouement depuis les Jeux de Rio, elle réinvestit aussi les grandes salles de la capitale et de sa proche banlieue : le Cirque d’Hiver, le Zénith, la (nouvelle) Seine Musicale à Boulogne-Billancourt, le palais des sports Marcel-Cerdan à Levallois. La boxe n’est plus confinée aux petites salles de quartier enfumées.

Tout part de l’Insep, le camp d’entraînement de l’équipe de France olympique. Les portraits de Victor Young Perez, le champion du monde assassiné dans les camps de la mort en 1945, et d’Alexis Vastine, grand espoir fauché en pleine jeunesse en 2015, trônent dans le chapiteau provisoire où se préparent les étoiles de demain. Tout finira en 2024 à Roland-Garros qui accueillera les épreuves de boxe des Jeux olympiques à Paris. Cerdan lui-même en 1946 avait boxé ici.

En 1973 pour un Championnat du monde Jean-Claude Bouttier y avait défié l’Argentin Carlos Monzon dans un combat perdu et organisé par Alain Delon. Dans 6 ans, la cathédrale des tennismen redeviendra un temple du noble art. « J’ai toujours rêvé de boxer à Roland-Garros. Ça a failli se faire pour l’un de mes Championnats du monde. Avant 2024, j’espère bien y organiser quelque chose », confie Brahim Asloum. Le champion olympique de Sydney nous sert ici de guide pour découvrir les grands lieux de la boxe à Paris.

La visite guidée de Brahim Asloum

Le champion olympique de boxe en 2000, Brahim Asloum, coache les « Fighting Roosters ». LP/ARNAUD JOURNOIS La Salle Wagram, le poids de l’histoire. Inaugurée en 1812, l’enceinte de l’avenue de Wagram a vu Piaf encourager Cerdan, Carpentier y écrire sa légende. « C’est l’équivalent français du Madison Square Garden, la salle mythique de la boxe en France, ma préférée. Elle est parfaite, on y voit bien de partout et on y croise les fantômes des champions qui y sont passés », admire Brahim Asloum qui a rouvert les lieux en 2012.

Le Cirque d’hiver, tout en rondeur. La salle inaugurée en 1852 et située face au boulevard du Temple a le charme d’antan. Au moins une fois par an, le music-hall laisse encore la place au ring. « Elle est tout en rondeur, et aussi trop petite pour qu’on puisse y organiser un Championnat du monde, précise Asloum. Mais elle a son charme. »

Le Palais des sports et ses lundis « populaires ». De 1960 à 2005, le Dôme de la porte de Versailles fut la salle où le Tout-Paris se pressait. « Tous les lundis, jour de relâche des spectacles, la salle était libre pour les galas et les comédiens aimaient ça », se souvient Asloum. Lieu de rendez-vous incontournable des passionnés de Delon à Belmondo.

Marcel-Cerdan porte si bien son nom. Inauguré en 1991, le palais des sports de Levallois porte le nom du champion français aux 119 victoires (dont 61 par KO) pour 4 défaites. Toujours très actif, le lieu de résidence des basketteurs de Levallois a connu les plus grands combats de ces 30 dernières années. Mormeck, Mbaye, Asloum… « C’est là que j’ai fait mes Championnats de France et d’Europe, précise l’ex-poids mi-mouche. Incontournable ! »

Le Zénith renoue avec la tradition. Tony Yoka sous les yeux de François Hollande a rouvert la salle au Noble Art en octobre dernier, le dernier combat remontant avant cela à… 1987. Quelques grands duels s’y sont déroulés comme le Championnat du monde Skouma – Mc Callum en 1986. « A cette époque, Acariès y organisait toutes ses soirées » se souvient Asloum.

La Seine Musicale entre dans la danse. La dernière née, il y a un an, des grandes salles parisiennes, située sur l’Ile Seguin de Boulogne-Billancourt, a déjà reçu Tony Yoka en décembre et le Championnat du monde de Cédric Vitu début mars. Un lieu plutôt chic qui symbolise le renouveau de la boxe dans des endroits emblématiques.

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