Face à l’imprévisible n°1 italien, qui alterne les coups de sang et les coups de génie, les Bleus devront garder la tête froide ce week-end.

« Je pense que Fognini est plus fou que moi, même si je suis bien touché quand même… » L’incontrôlable Benoît Paire, pourtant habitué à péter les plombs, a dû se faire une raison. A côté du n°1 italien Fabio Fognini, l’Avignonnais fait figure de modeste tableau électrique. « Fogna », c’est la commedia dell’arte dans toute sa splendeur. L’homme qui utilise les courts comme un théâtre pour donner libre cours à ses colères. Dans le verbe et dans le geste…

Les Bleus, qui défient l’Italie ce week-end en quart de finale de la Coupe Davis, seront aux premières loges pour assister au spectacle irritant ou pathétique du boss transalpin. Qui a déjà fait des essais de voix pour chatouiller les oreilles tricolores pendant les entraînements. Le mariage en 2016 avec sa compatriote Flavia Pennetta, lauréate de l’US Open 2015 ou la naissance de leur fils Federico en juin 2017 n’ont pas assagi le bouillonnant trentenaire. Au contraire.

Il traite une arbitre de «truie» et de «p…»

Le fan du Genoa, né à San Remo (à deux heures de Gênes), a même réussi à se faire virer du dernier US Open après avoir traité une arbitre, entre autres, de « truie » et de « p… ». Il est aussi censé se tenir à carreau pendant deux ans sous peine de deux Grands Chelems de suspension. « C’est ma limite, je le reconnais et je travaille avec un entraîneur mental, plaidait-il en quittant New-York. Nous étions sur la bonne pente jusqu’à ce que je fasse cette stupidité inexplicable. J’assume ma responsabilité. J’ai conscience d’avoir fait une mauvaise chose… » Mais le naturel revient vite au triple galop.

Battu au 2e tour d’Indian Wells par Chardy – qu’il doit retrouver dès vendredi après-midi sur le central au charme suranné du club de Valletta Cambiaso – le n°18 mondial n’a pas hésité à insulter ouvertement le Palois en plein match, qualifié notamment de «100ème mondial toute sa vie » ! Autant dire que devant un public pour le moins expansif et sous un soleil retrouvé, l’ambiance s’annonce chaude au milieu des pins parasol.

La contestation dans la peau
Défait par Monfils à Roland-Garros en 2014, l’Italien avait adressé des doigts d’honneur au public. LP/Olivier Lejeune.

Capable de s’en prendre à n’importe qui

« Lui il va parler et dans les tribunes ça va crier, résume l’entraîneur Loïc Courteau. Il y aura beaucoup de bruit. » Face au sang chaud du Ligure, qui connaît plus de noms d’oiseaux qu’un ornithologue, il faudra garder la tête froide. Le chef de file des Azzurri peut très bien balancer quelques jeux et remporter ses trois matchs (n’oublions pas qu’il a gagné l’Open d’Australie en double avec Bolelli). Partir en sucette puis régaler de friandises de points.

Il est surtout capable de s’embrouiller avec n’importe qui. En vrac, il a déjà réussi à énerver Nadal, en venir presque aux mains avec Sousa ou faire un bon gros doigt d’honneur (l’une de ses marques de fabrique) au public de Roland-Garros après avoir été défait par Monfils en 2014. « Fabio, il est comme ça depuis tout petit, soufflait alors le Français. Je trouve son côté râleur assez marrant. Bon, un peu énervant quand même… On va dire que c’est un énervement marrant. Il a bon caractère mais c’est un guerrier. » Qui ne lâche rien avec le maillot vert-blanc-rouge qu’il porte depuis 10 ans (27 victoires, 11 défaites).

« Attention, prévient le capitaine Yannick Noah. Ce n’est pas l’équipe de France contre Fognini ! » Il y aura tout de même beaucoup de ça. Aux Bleus de ne pas en perdre leur latin…

Le tirage au sort de la rencontre aura lieu ce jeudi 5 avril à 11h30. Pouille, Chardy, Mahut et Herbert doivent composer le quatuor français. En face, les Italiens devraient aligner Fabio Fognini, Andreas Seppi, Simone Bolelli et Paolo Lorenzi. Début des matchs demain à 11h30.

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