Le président rwandais, Paul Kagamé, reçu par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyanu, et le président Reuven Rivlin à la résidence de ce dernier à Jérusalem, le 10 juillet 2017.© THOMAS COEX/AFP

A quelques jours de l’élection présidentielle rwandaise, le président Paul Kagamé a effectué une visite de deux jours en Israël pour «développer le commerce et la coopération» avec l’Etat hébreu. L’occasion pour le premier ministre Benjamin Netanyahu de saluer le rôle du Rwanda comme «un pont indispensable» du retour d’Israël sur le continent africain.

Entre le président rwandais et le Premier ministre israélien, il est possible de parler d’une entente parfaite, voire d’une relation au beau fixe sur tous les plans.

Assaut d’amabilités entre Paul Kagamé et Benjamin Netanyahu 
La visite de deux jours, les 9 et 10 juillet 2017, que vient d’effectuer Paul Kagamé en Israël et l’assaut d’amabilités dont ont fait preuve les deux hommes l’un envers l’autre en sont une preuve supplémentaire s’il en était besoin.

Venu resserrer les liens déjà très chaleureux et développer le commerce et la coopération avec l’Etat hébreu, le président rwandais a été reçu par les deux plus hauts personnages de l’Etat hébreu : le président Reuven Rivlin et le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu.

«Israël continue à accroître ses engagements en Afrique. C’est une tendance très positive», s’est félicité Paul Kagamé dépassant d’emblée le cadre strictement bilatéral. Il a rappelé que la coopération entre ce pays et les nations africaines avait «fleuri dans de nombreux domaines» dont la technologie, l’agriculture, l’énergie et la sécurité.

Soulignant de son côté les «grands liens» unissant leurs deux pays, Benjamin Netanyahu a expliqué la proximité avec le Rwanda par «un héritage tragique» commun : «Nous, qui avons connu le plus grand holocauste de l’histoire, vous, qui avez connu peut-être le plus récent» a-t-il dit.

Le Premier ministre israélien a également renchéri sur le rôle diplomatique de Kigali. «Vous êtes le pont indispensable pour nous pour faire notre retour en Afrique, pas à pas», a insisté Netanyahu.

Architecte de la stratégie du retour d’Israël sur le continent
En effet, pour Emmanuel Nahshon, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, «le président Kagamé est l’un des architectes de la stratégie qui permet à Israël de renouveler ses relations avec les Etats africains. C’est grâce à lui que plusieurs pays africains votent maintenant en faveur d’Israël et se rapprochent de nous».

Critiqué par les pays africains en raison de l’occupation des Territoires palestiniens, l’Etat Hébreu cherche désormais à obtenir à nouveau les faveurs du continent dans les institutions internationales.

Le Rwanda avait donné le ton en ouvrant une ambassade à Tel-Aviv et en signant en 2014 et 2015 des accords de coopération. Plus encore, bien que partisan d’une solution à deux Etats dans le conflit israélo-palestinien, en 2014, Kigali, en tant que membre non-permanent du conseil de sécurité de l’ONU, s’était abstenu de voter une résolution prônant la fin de l’occupation israélienne et la résolution a été rejetée.

Plus récemment, en mars 2017, Paul Kagamé avait été le premier chef d’Etat africain à prendre la parole devant l’AIPAC, le principal lobby pro-israélien des Etats-Unis. «Israël a le droit d’exister et de prospérer comme un membre à part entière de la communauté internationale», avait il déclaré en prenant soin d’ajouter : «ce n’est pas une atteinte aux droits d’un autre peuple».

De son côté et après des années de brouille avec le continent, le premier ministre israélien avait effectué en juillet 2016 une tournée historique en Afrique. Une première pour un chef de gouvernement israélien en exercice (depuis celle d’Yitzhak Shamir en 1987), qui le mènera en Ouganda, au Kenya, en Ethiopie et au Rwanda.

Coup de pouce pour une normalisation avec l’administration Trump 
La visite de Paul Kagamé en Israël intervient en tout cas à moins d’un mois de l’échéance présidentielle du 4 août 2017 au Rwanda.

Au pouvoir à Kigali depuis 2000 et candidat à sa propre succession, sa volonté de briguer un troisième mandat a été critiquée par Washington, en raison notamment de sa longue amitié avec l’ancien président américain Bill Clinton.

Même si l’attitude de l’administration Trump ne semble pas pouvoir influencer un vote assimilé à une formalité, un soutien d’ Israël pourrait aider à une normalisation avec le nouvel occupant de la Maison Blanche.

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