un record  Ce dimanche, 223 femmes ont été élues à l’Assemblée au terme du second tour des législatives. Avec 38,65 % de députées au Palais Bourbon, ce scrutin marque un nouveau record pour la représentation nationale française

Bonne nouvelle pour la parité : 223 députées ont été élues dimanche 18 juin à l’Assemblée nationale, soit 38,65 % des 577 sièges disponibles. La précédente législature n’en comptait que 155, ce qui constituait déjà un record, avec 26,9 % des sièges. Une évolution notable depuis les 33 pionnières de 1945, mais qui n’atteint toujours pas la parité.

Cette progression s’explique en partie par le succès de La République en marche, le plus grand pourvoyeur de femmes, avec 47 % de femmes parmi ses élus. Un taux proche de la parité qui n’a rien d’étonnant, le parti du président ayant toujours mis la parité à l’honneur dans les rangs de son mouvement. Le parti de Macron est talonné de près par le MoDem (46 %), La France Insoumise (41 %) et le Parti socialiste (38 %). Le Front national compte de son côté 25 % de femmes élues, devant Les Républicains (23 %), le PCF (20 %) et l’UDI (17 %).

 

Mais le phénomène Emmanuel Macron – aussi puissant soit-il – n’explique pas tout. La féminisation de cette chambre parlementaire s’inscrit dans une perspective plus large. Depuis 30 ans, le nombre de femmes siégeant à l’Assemblée ne cesse d’augmenter à chaque législature. On comptait ainsi 42 députées en 1993, 73 en 1997, 77 en 2002, 116 en 2007 et 155 en 2012. La progressive ascension des femmes en politique s’inscrit au sein d’un gain de pouvoir plus large de la femme dans la société.

Mais il y a d’autres raisons à cette évolution. « Deux lois récentes ont aussi favorisé la féminisation des candidatures, explique Mariette Sineau, politologue au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). La première est celle qui double les pénalités financières imposées aux partis ne respectant pas la parité des investitures. La seconde est celle qui interdit aux parlementaires de présider un exécutif local. Les hommes, bien souvent en situation de cumul, ont ainsi dû délaisser leur mandat de député, ce qui a créé un appel d’air et profité aux jeunes et aux femmes. »

Autre avancée, l’Assemblée nationale pourrait être présidée par une femme, c’est du moins ce que l’on assure dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Barbara Pompili, l’ancienne écologiste soutenue par La République en marche réélue dans la Somme avec 61,89 %, est régulièrement citée au nombre des candidates possibles.

Reste à savoir si la vague féminine à l’Assemblée changera la manière de gouverner. La professeur de Sciences Po veut y croire. « L’arrivée de nouvelles et nouveaux venus, qui entraînera un rajeunissement de l’Assemblée nationale, pourrait diminuer la pratique de l’entre-soi et permettre l’émergence d’idées novatrices dans différents domaines de la politique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *